Enjeux

Quels sont les enjeux de la COP 21 qui se tiendra à Paris ?

La 21ème Conférence des Parties (COP21), conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015.

La COP21 doit permettre d’aboutir à un accord juridiquement contraignant, engageant près de 200 pays qui succèdera au Protocole de Kyoto. Il s’agit de demander à chacun de ces pays de s’engager à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre en vue de stabiliser le réchauffement climatique dû aux activités humaines en deçà de 2°C d’ici à 2100 par rapport à la température de l’ère préindustrielle (période de référence 1861-1880). Dans la phase actuelle de préparation des négociations, chaque pays est censé remettre ses engagements aux Nations Unies d'ici à fin octobre 2015.

Plus de 40 000 personnes (négociateurs mais aussi entreprises, ONG, journalistes et autres acteurs de la société civile) sont attendues lors de cette COP21.

Depuis le Sommet de la Terre à Rio en 1992, 20 COP se sont tenues. Ces négociations internationales se sont jusqu’ici enlisées dans d'interminables heures de négociations sans que des mesures à la hauteur des enjeux ne soit prises. Les ficelles de la question climatique sont en grande partie tirées par les lobbies des grandes multinationales, des puissances financières et des groupes pétroliers qui tirent profit de l’accaparement et de la destruction généralisée des ressources.

Résultat ? A l’échelle du monde, les émissions de gaz à effet de serre (GES) n'ont jamais été aussi importantes : + 61 % entre 1990 et 2013 ! Le taux de dioxyde de carbone dans l'atmosphère augmente désormais de 2ppm (part par million = un centimètre cube de gaz pour un mètre cube d'atmosphère) par an depuis 2000 soit un record depuis le début des enregistrements en 1958 qui relevait alors 315 ppm. Elles étaient en 2012 de 393 ppm, une valeur jamais observée au cours des 800.000 dernières années ! Au printemps de cette année, le seuil symbolique des 400 ppm vient d’être franchi, nous rapprochant dangereusement du point de basculement climatique de la Terre !

Au rythme actuel d’accroissement des émissions de CO2, la température moyenne mondiale devrait alors augmenter non pas de 2 mais plutôt 4 voire 6°C d’ici la fin du siècle. C’est alors la survie même de l’humanité qui est compromise.

L’ampleur des défis nécessite donc des mesures rapides, fortes, créatives et contraignantes !

Le 5ème rapport du GIEC, résultat d’un travail scientifique de plus de 800 experts du climat de par le monde, publié à l’automne 2014, appelle les négociateurs à prendre des mesures urgentes pour ne pas dépasser le seuil d’élévation de la température moyenne mondiale d’ici la fin du siècle à + 2°C ! Ce seuil est considéré par la communauté scientifique comme la frontière à ne pas dépasser si l'on veut éviter des phénomènes irréversibles, comme la fonte rapide des glaciers ou la modification des courants océaniques qui régulent les échanges d'eau et de chaleur partout dans le monde.

C’est pourquoi nombreux sont ceux qui estiment que le seuil que l’on devrait se fixer est plutôt de +1,5°C. En effet, les effets d’un tel réchauffement ont été révisés à la hausse dans les rapports scientifiques. Depuis 1880, la température moyenne à la surface de la Terre s'est réchauffée de 0,8 ° et cette élévation provoque déjà aujourd’hui des catastrophes importantes, principalement dans les pays du sud mais aussi chez nous. Pour maintenir ce seuil, les émissions mondiales de GES doivent commencer à décliner drastiquement d’ici 2020 ! Il nous reste 4 ans pour inverser la courbe ! Les réductions les plus importantes doivent être réalisées dans les pays industrialisés, en raison de leur responsabilité première dans l'accumulation des GES et  du niveau d'émission par habitant nettement plus élevé.

Sur le plan géophysique, l'objectif de ne pas dépasser 2°C reste atteignable. Sur le plan politique c'est une autre paire de manches !

La raison pour laquelle il n'y a pas davantage d'efforts efficaces pour protéger le climat et l'Humanité des changements climatiques n'est pas liée à un manque de connaissances. La question des changements climatiques est étudiée depuis une quarantaine d'années par la communauté scientifique. Nous avons les connaissances et les moyens d'agir. C'est bien d'un manque de volonté politique qu'il s'agit ! Le règne de l’argent-roi et de l’enrichissement à très court terme, ainsi que la foi aveugle dans les technologies empêchent la mise à l’agenda des pistes plus radicales que l’ampleur des défis impose d’explorer. Parmi celles-ci, il est urgent d’intégrer la contrainte de réduction de l’utilisation des énergies fossiles et de non extraction de 80 % des réserves connues ainsi que de se fixer des objectifs contraignants à mettre en œuvre dès à présent.

Hélas, les décisions qui seront prises à Paris en décembre concernant les politiques climatiques ne remettront visiblement pas en cause le système politique et financier actuel. Il est dès lors vain d’espérer de leur part autre chose que des mesures qui permettront de préserver le statu quo sur lequel reposent leurs privilèges.

C’est pourquoi une mobilisation citoyenne forte et organisée est indispensable pour défendre les enjeux climatiques !

S’il y a un réel espoir à avoir pour le climat, c’est certainement du côté des sociétés civiles qu’il faut le chercher ! NOUS ! C'est une mobilisation citoyenne forte et déterminée à défendre ce bien commun qui peut créer les conditions nécessaires pour nous réapproprier ce qui nous est confisqué par le pouvoir d’une oligarchie dominante qui privatise notre climat, nos océans, nos énergies fossiles et exiger de nos élus une gestion responsable pour que la vie sur Terre puisse se perpétuer pour tous les humains.

Comme le clame entre autres Climate Express, ce n’est pas le climat qu’il faut changer mais le système ! C’est donc une transformation profonde, systémique qu’il faut entamer le plus rapidement possible. Celle-ci est bien évidemment incompatible avec la marchandisation de la planète, le capitalisme qui l’accompagne et sa spirale infernale de la croissance.

C’est pour montrer au monde entier cette mobilisation citoyenne forte et déterminée qu’une grande marche est organisée à Paris le dimanche 29 novembre à 11h, juste avant le début des négociations.

A Watermael-Boitsfort, les citoyens se mobilisent !
Partons ensemble à Paris !
et interpellons nos élus et les négociateurs !